jeudi 5 mars 2015

Les Abeilles: L'essaimage


Les Abeilles    

Les ruches          

 

L’essaimage :


Nous avons vu que la reine, seule, assure le renouvellement des individus constituant la colonie. Ce qui revient à dire que si la reine meurt, et qu’une autre ne peut venir prendre sa place principalement en hiver, ( saison durant laquelle le vol nuptial ne peut avoir lieu, et la nouvelle reine ne saura pondre que des œufs non fécondés) . Or ces œufs nous l’avons vu ne donneront que des mâles, mâles qui sont incapables de manger tout seuls et à fortiori d’aller chercher la nourriture de la colonie.
On dit que la ruche devient bourdonneuse, et elle est condamnée à mourir de faim rapidement. Il faut donc pouvoir remplacer ces colonies qui meurent. La Nature, qui est très futée et bien organisée, a prévu l’essaimage.
Lorsqu’une belle ruche se développe bien, il arrive que le « logement » soit trop étroit pour entreposer tous le miel. Pour régler cette crise du logement, les ouvrières mettent en chantier l’élevage de quelques reines. En temps normal, la reine ne tolère pas que des cellules royales soient édifiées. ( Zut !! Je suis pris en flagrant délit d’anthropocentrisme. La reine n’a pas à tolérer ou ne pas tolérer….Ce sont des stimuli qui guident son action….comme toutes les actions des abeilles pour lesquelles je ne pense pas que l’on puise parler « d’intelligence) Donc la reine qui ne laisse pas s’effectuer la construction de cellules royales, ne fait rien pour les détruire au moment de l’essaimage.
Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien. Je suppose que durant cette période, l’hormone externe de la reine, qui inhibe la construction de cellules royale n’est plus émise. Donc, de nouvelles reines sont mises en élevage. La vieille reine, qui n’est pas idiote ( encore mon anthropocentrisme !! mais tant pis, je continue) sait fort bien que lorsque la première jeune reine naîtra, pleine de forces neuves, elle viendra lui faire son affaire. Aussi, quelques jours avant la naissance de la première nouvelle reine, la vieille reine ( pour la première fois depuis son vol nuptial) va quitter la ruche, avec……la moitié de la colonie.
Qui désigne celles qui partiront avec la reine et celles qui resteront ? Je l’ignore.
En revanche, non seulement le partage se fait par moitié, mais dans chaque moitié, il y a la même proportion d’abeilles du même âge ( nourricières, déblayeuses, productrice de cire, de gelée royale, butineuses) .
Les butineuse, avant de partir, remplissent de miel leur jabot. Il faut des provisions de route et s’alimenter durant les premiers moments dans la future ruche.
Vous êtes blasés ? Vous n’êtes plus étonnés ? Moi si ! Toujours !
Cliquez sur l'image pour l'agrandir                 
Essaim
En sortant de la ruche, toutes les partantes tournent en un tourbillon de 10 ou 15 mètres de diamètre, puis, toutes ces abeilles, avec la vieille reine, viennent se poser, sur une branche d’arbre, contre un mur, sur un piquet etc, généralement très proche de la ruche qu’elles viennent de quitter. Vous voyez alors se former un essaim, c' est-à-dire une boule d’abeilles agglomérées les unes aux autres.
C’est alors que des éclaireuses
( vous vous souvenez, ce sont les mathématiciennes de la cité)
partent pour chercher un nouveau logis. Un trou d’arbre assez vaste, une profonde fissure dans un mur etc..
.La première éclaireuse qui aura trouvé le gîte idéal, reviendra à l’essaim pour expliquer aux copines(danse frétillante) dans quelle direction et à quel temps de vol se trouve le futur logis.
Les éclaireuses de cet essaim n'ont pas su ou pas pu trouver un nouveau logis. Aussi la ruche a t elle été construite en plein air. Elle avait peu de chance de passer l'hiver, car l'on voit (sur la photo ci-dessus agrandie) que les provisions ne sont pas énormes,or en plein air la consommation est plus importante. Mais, âmes sensibles, rassurez vous. cette photo a été prise en Octobre et une heure plus tard, une ruche était offerte à la colonie, ainsi que la nourrituresuffisante pour passer l'hiver.

Logis des abeilles

Dés l’arrivée à la nouvelle maison, les cirières se mettent à construire des rayons de cire dans lesquels la reine commence immédiatementà pondre, pendant que les butineuses déposent le miel emporté de l’ancienne ruche et qu’elles n’ont pas encore consommé.



Une nouvelle ruche est née.
Pour terminer ce petit paragraphe sur l’essaimage, je vais vous parler d’une fausse idée qui perdure depuis plus de 2000 ans !
Si vous posez la question à des agriculteurs qui ont derrière eux des générations d’agriculteurs :
Comment faut il faire pour qu’un essaim qui passe au dessus de vos champs, se pose chez vous ?
Beaucoup vous répondront : C’est simple : il faut faire du bruit en frappant quelque chose en métal. Tapez sur une casserole, sur une pelle, sur un bidon, et l’essaim se posera immédiatement.
C’est faux. Et cette fausse idée remonte…..au droit Romain Le droit Romain qui régissait toutes choses, avait prévu que lorsqu’un essaim sortait d’une ruche d’un « mouchier » ( apiculteur), le propriétaire de la ruche avait un droit de suite. Il pouvait pénétrer sur des terrains appartenant à des tiers pour récupérer son essaim. Mais à cette époque, les petits larcins étaient fréquents. Aussi, pour bien prouver que le mouchier poursuivait un essaim et n’avait aucune intention malhonnête, le mouchier faisait du bruit en tapant sur un objet métallique. Comme les mouchiers avaient une réputation d’être un peu sorcier, les autres paysans pensaient que c’était un « truc » des mouchier pour faire se poser les essaims.
Personnellement, dans un petit village du Gers, j’ai reçu de plusieurs cultivateurs ce « tuyau » transmis de génération en génération depuis deux millénaires.

UN SPORT AMUSANT : LA CAPTURE D’UN ESSAIM

Comme dans toutes les activités, il y a des travaux plus ou moins amusants.
Il est par exemple extrêmement désagréable de nettoyer une ruche envahie par la fausse teigne. Toutes ces larves de teignes qui gigotent après avoir détruit tous les cadres de cire, et qui de surcroît, ont tissé dans les cadres des écheveaux de filaments difficiles à extirper, non, ce n’est pas drôle de passer tout ce magma à la lampe à souder. En revanche il est une activité amusante et très utile (ce qui ne gâte rien), il s'agit de la capture des essaims.
Nous avons déjà parlé de l’essaimage. La vieille reine, avec la moitié de la population, quitte la ruche et part à l’aventure, à la recherche d’un nouveau logis. Vous ne pouvez pas concevoir l’imagination de nos petits insectes pour trouver d’agréables pénates. Mais c’est avant que ce nouveau logis ne soit trouvé qu’il faut intervenir. Car lorsque les abeilles ont élu domicile quelque part, il ne s’agit plus d’un essaim, mais d’une ruche sauvage, dans laquelle, des cadres sont immédiatement construits et les cellules aussitôt garnies de larves au centre, de miel et de pollen autour. Et là, il est très difficile de les déloger ( J’en dirai un mot plus loin)
Pour capturer un essaim, il faut donc faire très vite. Lorsqu’un essaim vous est signalé ( et en période d’essaimage, c’est plusieurs fois par semaine que l’on me téléphonait), il faut immédiatement aller voir comment les choses se présentent. Car il est rare de trouver deux essaims se présenter dans des conditions identiques.
Il y a les cas simples ou l’essaim s’est gentiment posé sur une branche souple d'un arbre, à un mètre cinquante du sol. Il s’agit en l’occurrence de très très gentilles abeilles, soucieuses de vous faciliter le travail......C’est merveilleux, mais malheureusement très, très rare.
Dans ce cas, il suffit de déposer une ruche vide, dans laquelle ou a enlevé les 4 ou 5 cadres du centre, on secoue la branche souple, les abeilles dont la reine qui est au milieu, tombent dans la ruche. On attend quelques minutes pour que les abeilles qui volent viennent rejoindre la reine, on ferme la ruche, et il n’y a plus qu’à l’emmener dans un rucher.
Mais les choses, je l’ai dit se présentent rarement d’un façon aussi favorable.
L’essaim peut se poser par exemple tout autour d’ un piquet.
Le problème est plus délicat car on risque de manquer la reine. On fait tourner la ruche vide tout autour du piquet en brossant très rapidement les abeilles, de haut en bas bien sûr.
Bien souvent les essaims sont hauts dans des arbres. Il faut alors improviser, en utilisant un principe : Lorsque vous présentez un cadre de couvain frais devant des abeilles, elles viennent spontanément sur le cadre pour nourrir le couvain.. Vous pouvez donc,après avoir taillé une longue branche, ficeler à son extrémité fine un cadre de couvain que vous montez à la hauteur de l’essaim. Il faut quelquefois tenir la branche à bout de bras et comme il faut rester au moins 5 minutes pour que toutes les abeilles viennent sur le cadre, cela parait longuet.
D’autres fois, l’essaim s’est posé trop haut dans un arbre pour trouver une branche assez longue. Vous prenez alors un morceau de brique dans laquelle vous nouez une longue ficelle. Vous allez alors faire un exercice genre » lancement de grenade », mais en lancement vertical, pour que la brique passe au dessus de la branche ou se trouve l’essaim.
Croyez moi, ce n’est pas évident et plusieurs tentatives sont nécessaires Quand vous avez réussi votre coup,vous laissez descendre la brique, vous la détachez et à sa place, vous attachez un cadre de couvain frais, et le remontez jusqu’à la hauteur de l’essaim. Là encore vous attendez,( mais dans une position plus confortable), que les abeilles s’agglomèrent autour de cadre. Vous n’avez plus qu’à le descendre dans une ruche vide .
Bien souvent je vous l’ai dit, on vous appelle pour un essaim, alors que les abeilles sont déjà installées. Ce n’est plus un essaim, c’est une ruche sauvage, installée dans des endroits les plus divers. Disons le, il est des cas ou il n’est pas possible de récupérer les abeilles.
Lorsque les abeilles se sont installées dans un trou de mur, il y a une possibilité, mais l’opération est longue et vous n’aurez pas la vieille reine. En revanche quand l’opération réussit vous aurez une reine toute jeune.
Voici comment il faut procéder. Sous le trou du mur par lequel entrent et sortent les abeilles, vous installez avec un échafaudage de votre invention, une ruche, vide d’abeilles mais contenant des cadres vides et un cadre de couvain frais. Il existe de petits appareils que tous les apiculteurs possèdent et qui s’appellent chasse abeilles ( certains les utilisent pour les récoltes afin de chasser les abeilles des hausses à récolter). Ce petit appareil, très simple, est conçu pour que les abeilles puissent sortir d’un coté mais ne peuvent plus rentrer de l’autre coté. Vous fixez le chasse abeille avec du mastic devant le trou, en veillent bien sur à ce que le trou soit entièrement bouché.
Que se passe t il ? Les abeilles de vol sortent par le chasse abeilles. Lorsqu’elles reviennent chargées de leurs provisions, elles ne peuvent revenir à la ruche dans le mur. Sans grande hésitation, elles rentrent alors dans la ruche nouvelle pour couvrir le couvain. Toutes les abeilles de vol se trouvent vite dans la nouvelle ruche, et y reviendront.
Comme je l’ai déjà expliqué, ces abeilles de vol réactivent leur glande de production de gelée royale et des reines sont mises en élevage. A l’intérieur du mur, les jeunes abeilles vieillissent et sortent à leur tour, rejoignant la nouvelle ruche.
Comme il ne rentrera plus de provision, la ruche va s’éteindre peu à peu, ce qui est triste, mais vous avez une belle ruche avec une jeune reine de l’année.
Lorsqu’un essaim est en vol, pour le contraindre à se poser, le moyen le plus simple est d’utiliser un miroir. Vous renvoyez le soleil dans l’essaim. Les abeilles se guident d’après le soleil. En projetant sur elle la lumière du soleil, elles voient deux soleils, se trouvent désorientées et se posent.

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