mardi 15 novembre 2016

Avec l'homme des cavernes, la naissance des sens




  • Avec l’homme des cavernes c'est la naissance des sens...
    Les éthnologues que j’ai rencontrés prétendent que ce fut la première grande évolution humaine depuis son apparition sur la terre.
    Depuis l’aube des âges, à poursuivre sa nourriture, l’humanité a tracé les chemins de la connaissance du monde.
    La faim a été le moteur de sa marche en avant. Elle reste d’ailleurs la source de toutes ses énergies, bonnes ou mauvaises, le motif de ses progrès, l’origine de ses conflits, l’alibi de sa conscience et la monnaie de sa peine…
    Autour de l’aliment vont se construire des civilisations, vont se perpétrer des crimes, des guerres, affronter des empires, élaborer des lois, échanger des savoirs.
    Tout le reste n’est que littérature… Cueillette, chasse, sel, céréales, élevage, vin, épices, sucre, pommes de terre ou protéines…Sont autant d’ordre de route qui a boulversé le monde d’étape en étape…. Et tout ça parce qu’un jour un petit homme sauvage se mit debout et utilisa ses membres supérieurs pour mieux se nourrir.
    Cette créature depuis ce jour allait se distinguer dorénavant des autres animaux, les laissant continuer de fouiller leur provende du bout de leur museau.
    Elle se risqua même à ensuite profiter du grand jour pour mieux récolter sa nourriture, alors que jusque-là elle avait préféré l’abri et la protection de la nuit.
    La grande évolution de cette créature ne fut pas d’avoir le réflexe soudain entre l’aliment à atteindre et avalé la bouche ouverte mais le raffinement intentionnel d’un geste calculé issu d’une manipulation coordonnée par la pensée en réponse à un besoin : la faim ou le besoin de se nourrir par la suite.
    Désormais capable de régler son geste au rythme de son appétit, il prit conscience de cet enchaînement de sensations : incitation de la faim, excitation de la récolte, satisfaction d’un manque, la découverte du plaisir, premier enrichissement de la mémoire.
    Se nourrir, un plaisir viscéral devint une démarche intellectuelle lorsque les yeux jusque-là latéraux se déplacèrent vers la base du front.
    La créature due, par la faute de cette évolution se modifier physiquement avant de ressembler à la tête d’un homme tel qu’on la conçoit aujourd’hui.
    Celle-ci, au cours des derniers millions d’années, s’élargissait à mesure de l’importance accrue du crâne.
    Le cerveau s’améliorant en prenant du volume, pouvait parfaitement diriger le regard dans une aire visuelle agrandie, panoramique et désormais perçu en relief comme en profondeur.
    La créature entra physiquement dans un autre cercle de vie, pris une autre dimension, elle se redressa psychiquement.
    Cette nouvelle possibilité de la vue, liée à la facilité de préhension par la définitive spécialisation des mains autant dans leur forme que dans la manière de s’articuler autour de la mobilité des doigts et des phalanges.
    Cette seconde évolution de son physique lui permit une exploration des choses plus poussée, une sécurité accrue donc une meilleure recherche et maîtrise de sa nourriture.
    La mémoire en avait enregistré tout un choix potentiel, mais certaines s’étaient révélées meilleures sous la langue, procurant plus de bonheur.
    Désormais on appréciait ce bonheur nouveau. La créature eut envie de s’en souvenir puis de le répéter.
    Cette sensation inoubliable stimulait la curiosité et le courage, il justifiait de nouvelles expériences et, en fin de compte, développait l’intelligence sans cesse alimentée, elle aussi par de nombreuses informations.
    Le bonheur de la faim agréablement assouvie procura une telle jouissance à notre bipède qu’il ne put, au bout de plusieurs autres millions d’années ou de générations s’empêcher de l’exprimer par un cri.
    Pas n’importe quel cri, un cri spécial, pas un grognement non plus, mais un son articulé, un claquement de lèvres et de la langue satisfaites, mêlé d’un soupir, et qui signifiera à la fois, manger et boire, le sein de la mère, mère, je veux survivre, la vie, c’est bon le phonème Memm,
    Mamm,Mumm fut son premier discours, sa première parole.
    Même nos bébés s’en souviennent…
    Bien entendu, il faut décoder le message tant il a été établi, modifié, d’écho en écho dans le dédale des siècles.
    Ce phénomène MEM, MA devenu le radical BO avec ses variations de  prononciations OUO ou WO,PHO,PO,BA,PA,BI etc…implique non seulement l’action d’avaler, boire et manger dont il imite le bruit par un claquement des lèvres,mais aussi son potentiel, la nourriture, la plante et leur corollaire : La vie.
    Ainsi,on peut s’apercevoir que la plus ancienne signification du vocable botanique est les plantes qu’ils faut avaler pour vivre dans le fonds commun des langues Indo-européennes, dont sont issues les langues sanscrite, indienne grecque, germanique, celte, russe, slave, balte, Romane, iranienne et leurs dérivées.
    Or en étudiant de près les traces d’usure laissées par les particules abrasives des nourritures sur l’émail dentaire de nos ancêtres du quaternaires, le paléontologue peut définir leurs modes d’alimentation.
    De même que les incisives et les canines paraissent de très petite taille par rapport aux molaires et prémolaires qui sont énormes.
    C’est le signe d’une adaptation à une mastication importante de végétaux qu’il faut bien avaler bien écrasés, les traces d’usure des dents portent également la trace de fibres végétales.
    Mais la mémoire de l’homme, que l’on devrait interroger plus souvent, cette mémoire atavique et collective, peut témoigner elle aussi, et en le disant clairement par la parole,que les plantes furent en effet la nourriture première, l’élément de base de l’humanité souvenir peut être des frondaisons de l’arbre originel.
    C’est pour dire (sagen) cela que fut inventé le parler(sprechen)selon la définition d’Heidegger.
    La saga des aliments était commencée, sur le ton de la gourmandise.
    A suivre les premières découvertes et la maîtrise de la mémoire, comment l’homme est devenu gourmand.
  • es cavernes, c'est la naissance des sens
    Je vous avais laissé avec cet homme sauvage qui venait de se dresser sur ses pattes de derrière pour, saisir un fruit qu’il porta à sa bouche.

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