samedi 20 juin 2015

Dieu, les animaux et la Bible



Adam et Eve

Le livre de la Genèse retrace l’histoire d’Adam et Ève. Yahweh crée Adam avec la poussière du sol et le place dans le Jardin d’Eden. Adam peut manger tous les fruits du Jardin sauf ceux de l’arbre de la Science du Bien et du Mal. Plus tard, Dieu endort Adam, il lui prend une « côte » et en fait Ève. En fait, il faut lire que Dieu retira le «côté» féminin d’Adam et ce fut Ève. On peut penser, en observant la société, que l’opération n’a pas totalement réussi ou alors que c’est une malice voulue par Dieu et on n’ignore pas que les «voies du Seigneur sont impénétrables».
Enfin les voilà tous deux, heureux, au Jardin d’Eden, c’est l’Âge d’Or. «L’Homme et la Femme étaient nus mais ils n’en avaient pas honte»(Gn2, 18-25). C’est alors qu’Ève, tentée par le serpent, prend un fruit de l’arbre de la Science et le mange. Elle le propose à Adam et la suite est connue de tous, ils sont chassés du Jardin et Dieu les contraint à habiter à «l’Est d’Eden». Comment Ève a-t-elle pu prendre la pomme malgré l’interdit, pourquoi Adam n’a-t-il pas refusé, pourquoi est-ce Ève qui a été tentée et non Adam ? Par ce seul petit geste, le sort des humains a basculé. Quoiqu’on en dise aujourd’hui, ce n’est pas si facile de «manger des pommes».

Caïn et Abel

Dieu, les animaux et la Bible Caïn et Abel


Les deux enfants d’Adam et Eve se sont partagés les tâches. Abel est le pasteur des troupeaux et Caïn cultive la terre. Ils offrent tous deux des sacrifices au Seigneur : Abel, l’agneau premier né qu’il porte à l’autel sur ses épaules, Caïn, les produits de la terre.
C’est alors que Caïn a l’impression que Dieu n’est pas sensible à son offrande et n’a d’yeux que pour Abel. Caïn ne fait ni une ni deux, il se saisit, selon les dires, d’une massue, d’une pierre, d’une houe, d’une serpe et envoie son frère à trépas.

Ce texte préfigure le sacrifice du Christ (Abel avec l’agneau sur ses épaules, Abel mort et allongé sur les genoux de sa mère en Piéta). Mais il nous révèle aussi que, par ce seul geste, la moitié de l’humanité fut exterminée et que, de ce fait, nous serions tous les descendants de Caïn.

Le Sacrifice d’Abraham

Abraham ne peut avoir d’enfant avec sa femme Sara. Elle lui propose de féconder sa servante Agar. Ismaël naît de cette union. Mais après la rencontre mystérieuse d’Abraham avec trois messagers, sous le chêne de Membré, Sara donne naissance à un garçon, Isaac. Pour protéger le fils légitime, elle contraint Agar et Ismaël à fuir dans le désert. Abraham perd ainsi son premier enfant. Dieu va alors demander à Abraham de lui offrir en sacrifice, Isaac, le fils légitime. Replacé dans le contexte de l’époque, cela ne paraît pas monstrueux puisque les sacrifices humains, et d’enfants en particulier, sont coutumes. Sur le chemin du Mont Moria, Isaac est inquiet car s’il voit son père portant le feu et le couteau, il ne voit pas l’animal du sacrifice. Abraham lui répond que Dieu y pourvoira. Arrivé au Mont Moria, les préparatifs commencent, le bois est disposé sur l’autel, Isaac est dénudé et son père lui lie les mains et les pieds pour qu’il ne gesticule pas, ce qui ferait perdre toute valeur au sacrifice. Abraham brandit le couteau et, au moment où la lame va trancher la blanche gorge, un Ange arrête le bras sacrificateur. Isaac l’a échappé belle mais le bélier, qui s’était encorné dans un buisson d’épines, fait les frais de l’affaire.
Dans nombre de peintures, les deux personnages ont des visages absents ou ahuris comme s’ils ne réalisaient pas ce qui va se passer. Dieu est Amour et bonté, il n’a utilisé ni les mots de « sacrifice, d’immolation ou d’holocauste », il a seulement dit « Monte-le en montée sur l’un des monts que je te dirai ». Alors Abraham a-t-il bien compris le sens de la demande de Yaweh ?

Elie

Dieu, les animaux et la Bible Elie


Les Livres des Rois retracent l’histoire d’Elie, le prophète. Le personnage apparaît vers 864 Av. JC, sous le règne du roi Achab où des cultes à des dieux étrangers se font jour. Pour punir les païens, Dieu a déclenché une terrible sécheresse et une grande famine. Pour mettre fin à cette catastrophe, Élie, sur le conseil de Dieu, propose que se déroule sur le Mont Carmel une rencontre sacrificielle entre les prêtres de Baal et lui-même, prophète de Dieu.
Les animaux sont disposés sur les autels et chaque groupe implore son Dieu pour qu’il manifeste sa puissance en mettant le feu aux bois du sacrifice. Les prêtres de Baal, malgré leurs suppliques, ne parviennent à rien. C’est alors que la flamme du feu de Dieu embrase la victime offerte sur l’autel d’Elie.
Les prêtres de Baal seront massacrés et la pluie fécondante reviendra.

Noé

Dieu, les animaux et la Bible Noé


Au fur et à mesure que les hommes croissent sur la Terre, Dieu s’aperçoit que la méchanceté de ses créatures devient insupportable.
Une seule trouve grâce à ses yeux, Noé. Dieu lui commande de construire une Arche en bois et d’y faire entrer, outre sa famille, un couple de chaque espèce animale. Et Dieu déclenche le Déluge.
Dieu, les animaux et la Bible Noé


Pendant quarante jours et quarante nuits, les eaux vont submerger et noyer toute vie. La colère de Dieu apaisée, le calme revient et les torrents se retirent.

Noé, à la sortie de l’Arche, offre un sacrifice à Yaweh et devient, avec ses trois fils, l’ancêtre de la nouvelle Humanité sortie du déluge.

Les 7 vaches grasses et les 7 vaches maigres

Les 7 vaches grasses et les 7 vaches maigres


Joseph, fils de Jacob et de Rachel, a été vendu par ses frères jaloux de l’affection que leur père lui porte. Il est en prison en Égypte quand le pharaon de l’époque a un songe : il voit sortir du fleuve sept belles vaches grasses suivies de sept vaches maigres et laides. En quelques instants, les sept vaches maigres se précipitent sur les belles grasses et les dévorent. Pharaon fait sortir Joseph de prison et lui demande s’il a une explication à ce rêve. Joseph, éclairé par Dieu, lui délivre la signification du message. Les sept vaches grasses représentent sept années d’abondance et les sept vaches maigres, sept années de famine. Si Pharaon veut éviter à son peuple une famine mortelle, il lui faut choisir, à la tête de l’état, un homme d’une grande sagesse qui saura prévoir, au cours des sept années de richesse, les mesures pour traverser les sept années de misère.

Jacob

Dieu, les animaux et la Bible Jacob


Jacob est le fils d’Isaac et de Rebecca. Il est connu, entre autre, pour avoir acheté à son frère Esaü, contre un plat de lentilles, son droit d’aînesse. Contraint de fuir la vengeance de son frère, il gagne la Mésopotamie, le pays de son grand-père Abraham.
Dans sa fuite, il dort à la belle étoile et c’est là qu’il a un songe : « Voici qu’était dressée sur terre une échelle dont le sommet touchait le ciel : des anges de Dieu y montaient et descendaient ». (Gn 28, 10-12).
Après ce songe, il arrive chez son oncle Laban dont il devient le gardien des troupeaux. Pour le payer de son travail, Laban lui donne en mariage ses deux filles, Léa et Rachel.

L’Agneau Pascal, l’Agneau de Dieu

L’Agneau est le symbole biblique par excellence. De l’Agneau Pascal des Juifs à l’Agneau de Dieu des Chrétiens. Saint Jean Baptiste, dans le désert, désigne Jésus à la foule en disant : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde » (Jn 1,29).

Le Christ est lui-même parfois représenté sous la forme de l’agneau. Les autels du Baroque regorgent d’agneaux dorés, couchés ou endormis, symbolisant l’innocence et la pureté.

Le langage populaire s’est également emparé de ce symbole : « Cet homme est un agneau », « Il est doux comme un agneau ».

Il n’en demeure pas moins que, malgré son innocence, c’est très souvent cet animal qui est offert en sacrifice.

La Sainte Famille

La Sainte Famille c’est Marie, Joseph et l’Enfant Jésus. Mais, très souvent, Jean Baptiste, le cousin de Jésus, fait partie du tableau. La représentation de la Sainte Famille est une scène tranquille où l’Enfant Jésus est en train de jouer avec son cousin Jean Baptiste sous le regard bienveillant de Marie, seule ou avec Joseph. Un agneau qui symbolise, bien sûr l’Agneau de Dieu est le prétexte du jeu des deux enfants. Les représentations sont nombreuses où Jésus grimpé sur l’animal.

L’Enfant Jésus est, la plupart du temps nu. Il est très important que l’on voit son sexe, signe incontestable de sa nature humaine. Il y a en permanence ce souci de montrer qu’il est un homme qui va souffrir comme les autres hommes.

Saint Jean Baptiste et l’Enfant Jésus

La représentation des deux cousins est fréquente. Saint Jean Baptiste porte souvent sa peau de bête qui lui servira à se couvrir lors de son séjour au désert. L’Enfant Jésus est nu pour la raison que nous avons donnée précédemment. L’Agneau est présent même s’il regarde ailleurs. Jean Baptiste est considéré comme le dernier prophète. Il mène une vie ascétique dans le désert où il annonce la venue du Messie et donne le baptême aux pénitents. C’est lui qui présente le Christ et lui donne le baptême même s’il ne s’en trouve pas digne.

La fin de Jean Baptiste est sanglante. Il est emprisonné pour avoir dénoncé les relations d’Hérode avec Hérodiade, sa belle sœur. Un soir, Salomé, la fille d’Hérodiade, se prête à une danse assez érotique pour son oncle Hérode et obtient de lui la tête de Jean Baptiste qu’elle se fait apporter sur un plateau avant de l’offrir à sa chère mère, instigatrice du meurtre. Quelle époque !

Jésus chassant les marchands du Temple

Dieu, les animaux et la Bible Jésus chassant les marchands du Temple


Jésus se rend souvent au Temple de Jérusalem pour prier mais aussi pour dialoguer avec les Juifs. C’est aussi l’endroit où il s’accroche avec les Pharisiens, la caste des riches qu’il n’hésite pas à traiter de «Sépulcres blanchis». Quand les Pharisiens déclarent que ce temple a été construit en quarante ans, il lance la phrase qui va déclencher son calvaire : «Détruisez ce temple et en trois jours, mon Père le rebâtira».

Mais auparavant, Jésus n’avait pas ménagé les prêtres du Temple : «Cette maison est une maison de prières et vous en avez fait un repaire de voleurs». C’est ce jour-là qu’il chassa les marchands à coup de fouet. Les représentations de cette scène sont pour le moins énergiques, animaux sautant par-dessus les étals chavirés, hommes fuyant de préférence avec la caisse, ménagères culbutées dans la mêlée.

Saint Eustache

Dieu, les animaux et la Bible Saint Eustache




L’histoire de Saint Eustache semble purement légendaire. Il aurait été général romain sous Trajan. Un jour, en forêt, il rencontre un cerf portant un crucifix entre les cornes. Le cerf lui demande de se convertir au Christianisme, ce qu’il fait ainsi que toute sa famille. Mais le cerf lui annonce aussi qu’il va devoir endurer bien des épreuves. Il perd tous ses biens, fuit en Égypte où il est capturé et vendu comme esclave.

Ni lui ni sa famille ne renonceront au Christianisme, ce qui leur vaudra de finir dans une bouilloire, un taureau d’airain. Mais la légende veut qu’ils ne ressentirent nulle souffrance et montèrent au ciel en chantant. (Ne dit-on pas d’une bouilloire qu’elle chante ?) Longtemps patron des chasseurs, Saint Eustache sera détrôné par Saint Hubert.

Saint Luc

Dieu, les animaux et la Bible Saint Luc


Les auteurs des Évangiles sont quatre : Saint Mathieu symbolisé par l’Homme, Saint Marc par le Lion, Saint Luc par le Taureau et Saint Jean par l’Aigle.

Seuls Saint Mathieu et Saint Jean ont connu le Christ, ils font partie des douze apôtres.

Luc paraît avoir été médecin, il en est le Patron. Mais il aurait également peint le premier portrait de la Vierge, ce qui fait de lui, depuis le XV ème siècle, le Patron de la corporation des peintres.

Son Evangile commence par le récit du sacrifice dans le Temple, ce qui lui a valu le Bœuf comme attribut. Il existe deux types de représentation de Saint Luc. Soit il est en train d’écrire appuyé sur le Taureau soit, comme sur l’œuvre présentée, le Taureau seul symbolise l’évangéliste.
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