jeudi 5 mars 2015

Les Abeilles: Recherche et réflexions de l'auteur aujourd'hui décédé


Les Abeilles    

     

 

Mes recherches :



Dés le début de mes études sur les abeilles, j’avais été frappé par l’énorme travail accompli par les abeilles pour produire du miel.
Après tout, le nectar n’est guère plus que de l’eau sucrée. Et c’est en partant d’un élément aussi simple qu’elles réalisent un produit complexe, qui se conserve de nombreuses années, qui contient des enzymes des diastases un principe antibiotique, et des sucres nobles, directement assimilable par l’organisme.
Mais alors, ne pourrait on pas utiliser ces extraordinaires aptitudes que les abeilles possèdent depuis des millénaires, pour leur demander de faire des produits avec un « nectar » plus élaboré ?
Il ne s’agissait pas pour moi, de contrer la nature. D’ailleurs bien que dans le langage courant, on parle d’abeilles sauvages et d’abeilles domestiques, il n’y a en fait qu’une sorte d’abeille sur ce plan là. L’abeille
ne se laisse pas domestiquer. Certaines vivent dans des ruches faites par l’homme, d’autres vivent dans des troncs d’arbre, mais elles sont identiques et vivent toutes de la même façon.
Par ailleurs, j’avais lu que les abeilles pratiquaient le hoarding. C' est-à-dire qu’elles ramassaient des provisions, non pas en fonction de leurs besoins, mais de leurs possibilités. Plus elles pouvaient engranger des provisions plus elles étaient satisfaites.
C’est en partant de ces données que j’ai décidé, dés que je suis devenu apiculteur à plein temps de faire des expériences. Les abeilles peuvent elles faire des produits plus élaborés que le miel ?
Au cours de mes expériences, je me suis rendu compte que l’action des abeilles sur des nectars naturels ou fournis était quadruple.
1/ Les abeilles ajoutent toujours leurs propres apports. Enzymes, diastases, principe antibiotique. J’ai pu établir par des analyses que le principe antibiotique qui se trouve dans le miel est rigoureusement identique à celui qui se retrouve dans mes produits nouveaux. Ce qui établissait que ce principe antibiotique ne venait pas du nectar, il n’était pas d’origine végétale, mais des abeilles elles mêmes.
2/ Les abeilles invertissent les sucres. Elles transforment le saccharose ( qu’il soit dans le nectar ou dans les sirops fournis) en sucres nobles, principalement lévulose et glucose, assimilable dans l’organisme sans y laisser de déchets.
3/ Les abeilles transmettent dans le produit fini ce qu’elles trouvent dans le nectar naturel ou fourni. Dans le miel il y a quelques vitamines trouvées dans le nectar butiné. Dans un produit nouveau je retrouve par exemple tel oligoélément que j’avais fourni.
4/ Enfin les abeilles, dans tous les cas, nectar naturel ou fourni,réalisent un produit qui contiendra moins de 18% d’eau et se conservera plusieurs années.
J’ai réalisé entre 50 et 60 produits nouveaux. Qui se divisent en deux catégories
a/ Les produits gustatifs, de couleurs et de goûts différents. J’ai fait des produits verts à la menthe, jaune au citron, rouge à la grenadine, et de multiples autres produits à la mandarine, à la vanille , au café etc
b/ Les produits diététiques, à base d’oligoéléments, ou de vitamines ou d’extraits végétaux.
Mais il ne faut pas croire que toutes mes tentatives étaient couronnées de succès. Il y a des produits dont les abeilles ne veulent pas.
Par exemple, si elles acceptent la plupart des oligoéléments( magnésium, manganèse etc) elles refusent absolument le cuivre.
J’ai même eu un cas assez curieux. La diététique parlait beaucoup du sélénium produit auquel on prêtait beaucoup de vertus . Bien entendu, j’ai préparé pour mes abeilles des sirops avec du sélénium à diverses doses.
Le premier jour, elles l’ont pris avidement. Comme le second jour elles n’en voulaient plus, je suis allé voir ce qui se passait dans la ruche.
Il n’y avait aucune mortalité. Mais les abeilles ne sortaient plus, donc ne volaient plus. Sur les cadres, elles se déplaçaient lentement, amorphes.
Il a fallu 8 jours pour que ces ruches reprennent une vie normale, sans aucune perte d’ailleurs. Je crois qu’il serai prudent de se méfier du sélénium et en tous cas de bien étudier les effets secondaires qu’il pourrait avoir.
Bien entendu, pour mener mes expériences, j’ai du mettre au point des techniques de production et un matériel permettant de réaliser des productions en simplifiant le travail au rucher. Travail de l’apiculteur mais aussi de l’abeille, bien sur.
J’ai pris deux brevets, et même créé une petite Société pour lancer mes produits. Mais mes aptitudes commerciales n’étaient pas au niveau de mes possibilités sur le plan technique.
Depuis 5 ans j’ai tout abandonné, et ne désire absolument plus m’occuper de ces produits. Mais j’ai la certitude que d’autres après moi, lanceront ces produits qui présentent de nombreux avantages.
- Il est possible de réaliser une palette de produits très diversifiés
- Sur le plan quantitatif, un apiculteur professionnel récolte 20 kg de miel par ruche et par an.
Or, il est possible de produire 120 à 150 kg de produits nouveaux par ruche
et par an
Bien entendu, la question va m’être posée. Et les abeilles, dans tout ça ?
Soyez certains que si mes abeilles en avaient pâti, je n’aurait pas poursuivi mes recherches. Mais c’est exactement le contraire.
J’ai déjà parlé du hoarding. Les abeilles aiment amasser le plus possible de provisions. L’expérience est venue confirmer la théorie. Les ruches sur lesquelles je faisais mes produits, étaient toujours dans l’abondance et elles étaient de loin les plus fortes de tout mon cheptel.
Par ailleurs, elles résistaient beaucoup mieux aux maladies.La varroa m’a fait perdre des ruches.
Pas une seule de celles sur lesquelles j’avais fait des produits nouveaux.

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